Il existe une part maudite de la propriété privée. Celle qui affirme que ce que je possède est à moi seul ; que devenir propriétaire prive un autre de ce que j’ai ; que ce qui fonde mon droit de propriété, c’est d’être autorisé à en user et à en abuser. Les grandes crises climatiques, sanitaires, sociales, relationnelles, géopolitiques peuvent se lire comme une conséquence du déchaînement de cette appropriation prédatrice.
Mais l’appropriation n’est pas par essence du côté de cette dernière. Son sens premier – celui d’une appropriation réciproque, mutuelle, régulatrice, écologique – se retrouve dans trois activités fondamentales qui permettent de construire un rapport harmonieux de l’homme au monde : habiter, apprendre, accueillir. Ainsi, habiter ne signifie plus occuper tout l’espace ; apprendre, consommer à outrance ; accueillir, assimiler coûte que coûte. C’est bien là tout l’enjeu de ce livre que de retrouver le sens perdu de l’appropriation.
Essai politique, livre de combat, Violence de la propriété propose une nouvelle définition de cette dernière : plus juste, redistributive, consentie. En un mot : heureuse.








